Actualités

Nos coups de coeur du moment

Exposition " Radical Jewish culture "

Le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme  présente la première exposition consacrée à la Radical Jewish Culture, mouvance musicale issue de la scène underground newyorkaise des années 1980 et 1990.
En parallèle à l’exposition est organisé un programme de concerts exceptionnel : John Zorn, Anthony Coleman, Mark Feldman et Sylvie Courvoisier, David Krakauer, Frank London, le Ben Goldberg Trio (ex-New Klezmer Trio)... Les plus grands noms de cette scène joueront dans des dispositifs pour la plupart inédits en Europe. 

L’événement fait date : des musiciens juifs américains jouent en Allemagne et tentent, pour la première fois, de retracer la genèse des musiques de la scène underground newyorkaise à travers des sources juives. Dans le sillage de ce moment fondateur, des tournées sont organisées en Europe, tandis que des clubs de Manhattan, telle la Knitting Factory, accueillent des festivals de Radical Jewish Music associant performances, lectures et débats, et soulevant des questions essentielles à leurs yeux : qu’est-ce que la musique juive d’aujourd’hui ? que dit la musique que l’on joue de nos origines et de notre expérience de vie ?

Dès les années 1970 et 1980, des musiciens juifs new-yorkais, très présents sur les scènes alternatives du rock, du punk, de l’avant-garde jazz et de la musique contemporaine, (re)découvrent le répertoire des musiques juives populaires, notamment celui des musiques juives d’Europe orientale, le klezmer. Ces acteurs clés de l’avant-garde musicale et de la world music y puisent – non sans un certain degré de contestation – un nouvel engagement artistique qui souligne la force du lien qui les rattache à leur culture juive, vécue comme source d’inspiration et de questionnements constants.

New York est leur foyer de création, en particulier le sud de Manhattan. Les quartiers longtemps populaires de l’East Village et du Lower East Side ont accueilli, au début du XXe siècle, les populations juives immigrées d’Europe de l’Est. Dans les années 1950, ils deviennent le refuge des avant-gardes esthétiques, depuis la Beat Generation ( Jack Kerouac, Allen Ginsberg ,William Burroughs) jusqu’à John Cage et Andy Warhol. Espace de contestation intellectuelle, esthétique et politique, ce New York radical a longtemps gardé les traces de la culture yiddish, qui y a connu une véritable renaissance. Cette atmosphère culturelle très spécifique imprègne encore fortement les lieux, lorsque les musiciens de ce qui deviendra la Radical Jewish Culture s’affirment artistiquement, au cours des années 1980.

Dans le prolongement de cet héritage, John Zorn crée en 1995 la collection « Radical Jewish Culture » (plus de 120 titres parus à l’heure actuelle) sous le label Tzadik, devenu depuis une référence incontournable des musiques alternatives. Les albums édités dans cette collection s’inscrivent comme autant de réponses aux questions qui s’imposent aux musiciens confrontés à la tradition protéiforme dont ils sont issus.

Le parcours de l’exposition est thématique ; à travers une approche essentiellement sonore et visuelle, il revient sur les temps forts de la création musicale, depuis la scène du Klezmer Revival jusqu’aux explosions sonores du groupe phare de John Zorn, Masada, en passant par le festival de Munich de 1992.
À partir de l’écoute se déploie le contexte historique, musical et artistique dans lequel la musique a été créée. Il met en lumière le réseau d’influences des musiciens, parmi lesquelles : la Beat Generation, présentée notamment à travers la démarche de deux icônes de ce mouvement, le plasticien Wallace Berman et le poète Allen Ginsberg ; les artistes juifs révolutionnaires du début du XXe siècle, comme El Lissitzky ; ou encore la scène du rock alternatif des années 1970. Grâce à l’implication des acteurs clés de cette scène, de nombreux documents d’archives (interviews, prises de concerts et textes largement inédits) ont pu être rassemblés.

Comme le dit John Zorn, la Radical Jewish Culture est tout à la fois une mouvance musicale, un mouvement aux résonances politiques diverses affirmées et assumées, une communauté de musiciens et, plus largement, une communauté esthétique.

Commissariat de l’exposition : Mathias Dreyfuss, Gabriel Siancas et Raphaël Sigal

Un avant gout de l'exposition en cliquant ici

 

Le Mariage merveilleux et autres contes d’Israël

Il s’agit de dix neuf contes où Simone Hirschler raconte des histoires arrivées à des rabbins illustres, à des sages, à des rois, à des voyageurs, tout en décrivant la vie du peuple en Judée ou en Gaule.

Illustratrions du livre par Anne Rothschild , avant-propos de Gilles Bernheim, Grand rabbin de France, préface de Mireille Boccara, postface d'Alain Hirschler  - Editions Lichma eds - 19, 90 Euros

Livre Le Mariage merveilleux et autres contes d’Israel


Ils retracent l’histoire fabuleuse du peuple d’Israël, de l’Arche de Noé à la Dispersion, après la prise de Jérusalem par Titus.
On sent dans ce livre cartonné, aux belles illustrations, battre le cœur de Jérusalem. On y respire les odeurs fortes, épicées de ses marchés, on voit l’embouteillage de ses rues étroites et la splendeur de son Temple.

Simone Lévy est née le 8 novembre 1911. De tempérament artistique, elle aime jouer du piano, dessiner, lire et écrire. Elle a beaucoup d’imagination. Avec son futur mari, le Grand Rabbin René Hirschler, elle lance Kadimah (En avant) le premier bulletin français pour les communautés de Mulhouse et du Haut-Rhin.


Le premier numéro paraît le 19 septembre 1930. C’est dans cette brochure qu’elle écrira les contes qui ont donné naissance à ce livre. René et Simone se sont mariés à Paris le 2 février 1933. Ils ont formé un vrai couple, uni dans le bonheur comme dans le malheur. Simone avait trente-deux ans quand les nazis l’ont assassinée parce qu’elle était juive. Soixante-cinq ans après sa mort, grâce aux contes qu’elle a écrits, sa voix se fait entendre à nouveau…

 

" JUIFS À RENNES " Étude ethnosociologique par Ida Simon-Barouh

Qui sont et que sont « les Juifs » ? Qu’est-ce qu’être Juif ? Volontiers perçus comme un ensemble homogène, ils sont en réalité d’une étonnante diversité.

Photos_BAROUH-SIMON-IDA_02.jpg
Diversité des origines ethniques et donc des histoires familiales et nationales.
Diversité des auto-définitions individuelles et collectives.
Diversité des assignations identitaires.
Diversité des manières de réaliser la judéité.
 
Le Juif n’existe pas. Les Juifs existent, pluriels, dans les formes diverses que prend, au jour le jour, leur vie en société. L’enquête menée ici à Rennes et ses alentours, sur une population restreinte, dans une région, la Bretagne, où ils ne furent jamais nombreux, montre bien cette diversité et permet de rassembler un ensemble de questions posées ailleurs au sujet « des Juifs », dans la littérature et les travaux de recherche d’historiens, de sociologues, ethnologues, politologues, etc. C’est par là un essai de compréhension de l’ethnicité juive en France, à partir de l’examen détaillé, en un lieu particulier, de leur vie quotidienne et festive, de leur présent en étroite interaction avec le passé.
 
Edition L’Harmattan 45 € • 630 pages.  En savoir plus : Article de Ouest-France du Vendredi 5 février 2010
 
L’auteure : Ida Simon-Barouh est ethnologue, membre honoraire de l’Unité Mixte de Recherche « Centre Asie du Sud-Est » (École des Hautes Études en Sciences Sociales / Centre National de la Recherche Scientifique).
 

Les murs porteurs

Réalisé par un metteur en scène de 28 ans, Cyril Gleblat, ce coup d’essai est – presque – un coup de maître.

Affiche-Film_Les murs porteurs

L’histoire qui n’en est pas une, est la chronique d’une famille dont le mur-porteur identitaire – d’où le titre du film –  est d’être d’origine « ashkénaze » dans la France, un peu perdue, de ce 21ème siècle commençant. Trois générations se confrontent celle de la mère, d’origine polonaise et atteinte de troubles de mémoire mélant le yiddish et le français, remarquablement interprétée par l’actrice israélienne Shulamit Adar, les enfants, joués par Miou Miou et Charles Berling, dans leur quarantaine finissante, génération  pivot, entre cette mère et leurs propres enfants, âgées d’une vingtaine d’années.
Et si coup de cœur il y a c’est pour le film certes, ce qu’il nous dit de nous-mêmes, mais surtout pour le superbe travail de co-« architecte » du film effectué par Miou Miou, tour à tour touchante, drôle, émouvante, bouleversante parfois. Belle de vérité et d’empathie avec son personnage qui sait que transmettre et vivre, n’est pas répéter le passé, mais dans une reprise créatrice du roman familial à partir de ce qu’il a de plus solide, son mur-porteur, et de meilleur : la vie dans sa profusion imprévisible à la fois pour le mal et le bien.
A voir donc absolument.

 
 
 
Fondation du Judaïsme Français - 72 rue de Bellechasse - 75007 Paris - Tel : 01 53 59 47 47 - contact@fdjf.org