Vie des Fondations

Fondation Norbert Dana

Création de la Fondation Norbert Dana

C’est au cours d’un « goûter », à la fois simple, fraternel et chaleureux, qu’a été officiellement créée la Fondation Norbert Dana, sous l’égide de la Fondation du judaïsme français, et qu’ont été collectés les premiers fonds destinés à doter ses programmes. Une centaine de personnes s’étaient réunies dans le grand réfectoire de l’école Lucien de Hirsch, le dimanche 3 juin 2007, à l’initiative d’Annie Dana et de Joyce Dana, d’abord pour témoigner de leur fidélité à la mémoire et, surtout, à l’action de Norbert Dana (1952-2004).

           Annie Dana, son épouse, a rappelé les derniers engagements de celui qui fut directeur de l’OPEJ, puis directeur-adjoint du FSJU : le souci des personnes à l’hôpital, la jeunesse – « surtout la jeunesse », disait-il avant d’être emporté par une terrible maladie. Et puis, elle a souligné la constante d’une vie : le combat contre l’injustice.
 
            Ensuite, les journalistes de RCJ, Sandrine Sebbane et Paule-Henriette Lévy, évoquèrent avec humour et affection le « collègue » attentif du FSJU, l’inventeur de la campagne de la Tsédaka, qui n’hésitait pas à les rappeler à leur devoir d’informatrices communautaires. Collègue et amie fidèle du FSJU aussi, André Katz a, dans un beau discours, évoqué l’action, finalement aussi riche que brève, de celui qui demeura toujours un peu atypique dans l’institution.
 
              Intervenant à son tour, Nelly Hansson, directrice de la Fondation du judaïsme, a expliqué combien la création de cette fondation lui était chère, « la première, a-t-elle noté, qui porte le nom d’un proche de notre génération, un camarade avec qui nous avons travaillé, lui qui n’a cessé toute sa vie, jusqu’à ses derniers instants, de travailler... ». Et d’ajouter qu’elle avait le sentiment profond que cette réunion marquait « un commencement », sentiment partagé par d’autres amis comme Jo Tolédano, directeur de la Fondation Sacta. Celui-ci fut pour beaucoup - plus qu’il ne le laissa entendre - dans la venue de Norbert au FSJU, l’adoubant comme successeur à la tête du département social. J. Tolédano, n’hésita pas, avec ce souci de la tâche présente et à venir qui le caractérise, à reprendre la qualification donnée par Marc Maliszewicz, le « vieux compagnon, le frère » du DEJJ, de « facilitateur efficace », pour parler de la fonction de N. Dana partout où il a agi. C’est à être cela pour des innovateurs sociaux ou éducatifs que la nouvelle fondation devra se consacrer, en les encourageant d’une bourse ou d’un prix, attribué d’ailleurs moins à des « valeurs sûrs », qu’à des porteurs de projets débordant de l’enthousiasme des commencements. 
 
             Il revenait au président de la Fondation Norbert Dana, le Grand rabbin Goldmann de conclure. Il a dit le plaisir qu’il avait, malgré sa tristesse, à cette présidence justement, lui qui en a eu tant ! Il a dit aussi combien lui était agréable l’idée du lien de la Fondation Norbert Dana avec la Fondation du judaïsme, unique en son genre dans le paysage des institutions communautaires ; unique comme l’était l’homme au « lev tov », au cœur bon, le « sage » qu’était celui dont le souvenir ce dimanche servait, référence à la péricope du chabbat précédent,  à faire « monter la flamme » du désir d’agir et de donner, comme les cohanim faisaient « monter », plus qu’il ne l’allumaient, la flamme du chandelier du Temple. Cette analogie aurait sans doute fait sourire l’ex-étudiant en sciences de l’éducation, à Paris V, disciple du Professeur Snyders (philosophe, communiste, et, ce qu’on ne sut que bien plus tard, survivant d’Auschwitz…) qu’avait été Norbert Dana. Mais après tout le social, le sanitaire, l’éducatif ne sont-ils pas nos très modernes engagements ?
Site de la Fondation Norbert Dana : http://fondation-norbert-dana.org/
 

Qui était Norbert Dana ?
Photo_DANA-Norbert

Norbert Dana est né en 1952 à Tunis où il passe une enfance heureuse, entouré de ses parents et de sa sœur. La famille rejoint Paris dans les années soixante où, très tôt concerné par le bien-être d’autrui, Norbert décide de poursuivre des études supérieures en Sciences de l’Education et en Sociologie.

Ses premiers pas professionnels le conduisent au DEJJ, mouvement de jeunesse et pépinière de jeunes responsables communautaires. Très présent au sein de cette structure, Norbert en devient l’un des permanents en 1970.

Mais l’animation ne lui suffit pas et il décide, afin d’aider encore davantage d’enfants et d’adolescents, d’intégrer l’OPEJ en tant qu’éducateur en 1978.

Visionnaire, Norbert sait anticiper les besoins : son engagement et sa passion pour le travail de terrain l’amènent à innover constamment : ouverture de clubs de prévention dont il devient le Chef de Service, mise en place et accompagnement pendant plus de 15 ans de centres de vacances pour les enfants de l’OPEJ. Ses qualités de fédérateur, son goût pour le travail en équipe, sa rigueur, le conduisent au poste de Directeur Adjoint puis Directeur Général administratif de l’OPEJ qu’il quitte en 1998 pour rejoindre le Fonds Social Juif Unifié où il cumule les fonctions de Chef du Département Social et de Directeur Adjoint.

Norbert se réalise pleinement au FSJU en faisant preuve de qualités humaines et de disponibilité envers tous. Très vite, il mesure les besoins communautaires et met ses compétences éducatives et sociales au service de nombreuses associations. Il accorde une grande importance à la transmission, à l’éducation informelle et à la formation.

Il fait de l’Appel National pour la Tsédaka son « cheval de bataille » pour lutter contre toutes le formes d’injustice. Norbert s’intéresse à tous les secteurs dans lesquels les besoins se font sentir.

Son respect pour ses aînés et leur mémoire le pousse à créer «Passerelle» (lieu d’écoute et de soutien pour les survivants de la Shoah), et à s’impliquer dans le développement de l’Association «Sauvegarde et Mémoire». 

Son souci d’ouverture et son caractère consensuel l’amènent à prendre également des responsabilités au sein de L’UNIOPSS (Union Nationale Inter fédérale des Ouvres et Organismes Privés Sanitaires et Sociaux) dont il devient Secrétaire Général.

Passionné, généreux, précurseur, rigoureux, militant, engagé…autant de termes que l’on peut associer à Norbert Dana, un être d’exception tant sur le plan professionnel que privé.

Il nous a quitté prématurément en 2004.

Que le souvenir de son action soit pour nous, source d’inspiration.

 
 
 
Fondation du Judaïsme Français - 72 rue de Bellechasse - 75007 Paris
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