Les travaux et l’action de cette dernière sont ainsi récompensés par cette fondation dont l’objet est « d’encourager l’expression et la création en Yiddish…».
Historienne, traductrice de l’anglais et du yiddish, responsable de la Bibliothèque du Mémorial de la Shoah, productrice d’émissions de radio et collaboratrice de programmes israélites à la télévision, Ariel Sion a, par son parcours, démontré la vitalité d’une culture formant l’un des piliers identitaires du monde juif contemporain.
Une cérémonie détendue et chaleureuse s'est déroulée dans les locaux de la Fondation du judaïsme français, le 10 décembre dernier à l'occasion de la remise du Prix de la Fondation Léon Skop et Féla Rosenbaum. Cette récompense a été attribuée cette année à Ariel Sion pour ses travaux et son engagement en faveur de la langue et de la culture yiddish. Coiffée d'une magnifique toque aux couleurs chatoyantes, la lauréate était visiblement heureuse et de la récompense et d'être là, entourée d'amis.
Directrice générale de la Fondation du judaïsme, Nelly Hansson a tenu à saluer l'instigateur du Prix, Paul Skop, ainsi que la lauréate pour leur action respective afin de « attiser et faire vivre les braises de l'univers yiddish ». Elle a aussi voulu dire à la « vieille amie » qu'est Ariel son bonheur de se retrouver là assis entre compagnons, comme dit la chanson : « Hiné ma tov ... » (inspirée du Psaume 133).
Puis ce fut au tour de Claude Hampel, du Cercle Bernard Lazare, rédacteur en chef des Yiddishe Heften et membre du jury, de dire sa joie de cette récompense attribuée pour « la fidélité à la culture yiddishe et à une personne, Thérèse Jasmin-Libermann». Cette dernière nous a quittés il y a quelques années, avec l'élégance d'esprit et surtout d'âme qui la caractérisait. Nous a quittés... Pas si sûr, car en entendant citer son nom dans les remerciements d'Ariel Sion aux personnes et institutions qui l'honoraient ce jour, tous ceux qui ont connu Thérèse Jasmin, eurent un peu le sentiment qu'elle était là, parmi nous. Avec son regard pétillant et son sourire d'ange, son humour parfois impitoyable et sa formidable puissance d'espérance, cette même puissance douce qui en a conduit plus d’un à vouloir en savoir plus sur le yiddish et l'univers qui parle à travers cette langue. Ariel Sion, elle, a rappelé ce qu'elle devait à cette « tante d'adoption » dans son engagement de « transmission de cette importante part du patrimoine juif qu’est la culture yiddish ». Elle l'a fait, entre autres, avec des émissions sur les radios juives naissantes, poursuivies sur les ondes de Judaïques FM. La lauréate a aussi évoqué son travail d'enseignement, sa contribution à la réflexion sur « la place des femmes dans les judéo-langues » ainsi que son œuvre de traductrice, souvent née de l'amitié et de rencontres, comme celle de Sylvie Vager-Roubinovitz qui lui confia le manuscrit du journal de son grand-père.